La sémillante Miss SFW se gaussait il y a peu de la finesse et de la pertinence des lecteurs du Monde. Aujourd'hui, comme à l'accoutumée, je parcourais d'un oeil distrait les pages du quotidien lorsque mon oeil fut attiré par ce commentaire :

DESTILLEULS
17.04.08 | 10h19
On se fiche des arguments pleurnichards à la Badinter. Si un chien dangereux a mordu un enfant, il est abattu sans discussion philosophique. En quoi un Fourniret mérite d'être favorisé par rapport au chien dangereux ? Parce qu'il aurait une âme, une supériorité intellectuelle ? Peu importe ses capacités cérébrales qui ne l'excusent nullement, bien au contraire. Toute créature dangereuse, bête ou intelligente, doit être supprimée : elle ne recommencera pas. Ainsi, nous sauvons des vies. Point.


Quoi ? Que lis-je ? J'avoue sans ambages être un dangereux droit-de-l'hommiste, et cette remarque réussit le tour de force de me tirer de ma torpeur méridienne, inhérente à tout bon fonctionnaire qui se respecte, fût-il encore stagiaire. Par curiosité, j'ouvris les autres commentaires. Un vrai filon :

Actium
16.04.08 | 20h42
Cher Monsieur L, je vous encourage a (re)lire le texte suivant :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/abolition-peine-mort/badinter.shtml. Tout les arguments sont la, demontes un a un. Il s'agit de civilisation tout court.

serge a.
16.04.08 | 18h54
@Jean Louis L. Et les chinois ne sont pas les seuls à sourire selon vos critères: "La Chine est au septième rang en termes de nombre d'exécutions effectuées par rapport à la population globale entre 1994 et 1999, derrière Singapour, l'Arabie Saoudite, le Belarus, le Sierra Leone, le Kyrgyzstan et la Jordanie" (wikipedia). Améliorons ce qui doit l'être sans renoncer à notre civilisation.

CHAMPENOIS
16.04.08 | 18h04
Pour poursuivre des propos qualifiés de "racistes", anodins aux USA, la Justice française se démène, toutes affaires cessantes. Les condamnations pour délit d'opinion (une sorte de blasphème républicain) pleuvent à la XVIIème Correctionnelle. Et pendant ce temps-là (quinze années, excusez du peu) quel Juge d'instruction traquait les kidnappeurs-assasins d'enfants ? Qui entendait les souffrances des malheureux parents ? De ces carences, il reste un très mauvais goût de cendres dans la bouche...

JEAN LOUIS L.
16.04.08 | 18h00
Ce procès doit faire sourire les Chinois si décriés actuellement sur leur attitude face à la peine capitale.Les limites de la civilisation occidentale si prompte à tenter de comprendre les motivations de criminels irrécupérables que la société ne veut pas éliminer ne vont certainement pas leur faire changer d'avis.


Youpi, des propos comme je les aime, emplis d'une sagesse toute britney-spearsienne : pour que certains comprennent que ce qu'ils ont fait est très grave, il faut les tuer car comme cela, ils ne recommenceront plus. C'est une idée. Pas plus bête que celle qui consiste à couper un membre à celui qui a volé. En cas de récidive, la personne se voit contrainte de devenir antipodiste pour poursuivre dans son art, ce qui limite grandement sa discrétion. Au pire, au bout de 4 fois, on n'en parle plus.

Trèves de plaisanterie, même si cela ne m'étonne guère, je suis toujours surpris de voir que certains adhèrent toujours à la loi du Talion, alors que certains comprennent dès la maternelle qu'il vaut mieux recourir à l'autorité légitime, c'est-à-dire la maîtresse, quand on s'est fait taper par un méchant plutôt que de se faire justice soi-même (surtout si on est petit et binoclard). Ces commentaires parlent certes de peine de mort exercée par l'État, mais, à mes yeux, il ne s'agit que d'un Talion institutionnalisé.

C'est bizarre, mais si j'en crois mes restes d'étude du Droit, le droit pénal s'exerce dans un but sociétal et non individuel. Il est de manière patente question de protéger les individus qui composent le groupement humain. Peut-on affirmer qu'ôter la vie à un être humain de plus résoudra le tort déjà causé ? Certains sont en mesure de répondre de manière décidée, que oui, sans aucun doute, c'est ce qu'il y a de mieux à faire.
Pour ma part, la réponse est, ô surprise, différente. La conscience, dans toutes ses acceptions, est souvent présentée comme ce qui différencie l'homme de l'animal (et hop, on retombe sur ses pattes). Mettre à disposition de manière totale un être humain renvoie à une logique qui me répugne et nie à mes yeux tout concept de conscience, que ce soit de celui qui a commis les actes ou de ses concitoyens.

Et tout ceci me semble assez important pour que je prenne sur mon temps de pause pour écrire une note. C'est dire.